Ce que j’ai compris
Voici ma lecture du projet après notre échange. Corrige, complète, raye : c’est un brouillon partagé, pas une vérité gravée.
Le centre de soins, en une image
Un institut de santé intégrative, environ 8 ans d’existence, ~100 soignants, qui accompagne gratuitement des personnes touchées par le cancer — 40 à 50 formes d’accompagnement (mouvement, nutrition, groupes de parole, retour à l’emploi…). Une association / fondation, financée par les dons et le mécénat.
La règle qui tient tout : accompagner, en complément du traitement médical, jamais à sa place. Toutes les approches retenues sont scientifiquement validées. C’est cette rigueur qui fait sa crédibilité — on ne s’en écarte jamais d’un millimètre.
L’organisation à outiller
Trois métiers, très procédurés :
- Soin — gratuit. Un parcours : point d’état → on dessine le parcours → on l’exécute → on évalue à la fin.
- Enseignement — des formations (vendues) et de la prévention. Un cycle commercial classique : on définit, on tarifie, on vend, on livre.
- Recherche — on mesure l’efficacité avec des questionnaires validés à l’international, glissés dans le parcours de soin.
Quatre fonctions support, mutualisées :
- RH (les vacataires) · Finance (budget, trésorerie, compta) · Communication · Collecte de dons (gardée à part, c’est presque un métier commercial).
Le vrai problème : le mur de l’adoption
Aujourd’hui, presque pas d’outils. Des feuilles Excel créées chacun dans son coin, jamais consolidées. Un changement d’outil mené sans pilote, sans cahier des charges, sans test côté utilisateurs.
Le point de mortalité a un nom : personne ne change ses habitudes. Un CRM (Salesforce) a été déployé, les licences sont là — mais passer de son Excel perso à une saisie complète à la main dans le CRM, personne ne le fait. L’outil dépérit.
Et une contrainte cardinale par-dessus : « il faut que ça tourne un peu tout seul ». Très peu de gens pourront faire vivre l’outil une fois livré.
La mission
Réfléchir à l’architecture informatique pour augmenter la productivité, en intégrant les workflows des métiers et des fonctions support.
Avec des garde-fous non négociables :
- Partir de l’existant — les process et les outils. Par petits pas.
- Valoriser le savoir-faire, ne rien perturber.
- Budget plancher — quelques milliers d’euros (deux pôles font exception, à préciser). Toute solution lourde est exclue d’office.
- Ce qui est livré doit survivre au départ des gens.
- Anonymisation dans tout ce qui est partagé.
La thèse — et pourquoi elle change la donne
On ne remplace pas les outils. On les fait piloter par l’IA, par-dessus l’existant — même les vieux.
C’est exactement ce qui dissout le mur de l’adoption : on ne demande à personne de saisir autrement. La machine lit les mails, range, consolide, remplit le CRM à la place de la saisie manuelle. Les gens gardent leur Excel et leurs habitudes ; l’outil, lui, se remplit tout seul.
Le pari complet tient sur une question : sait-on convertir l’usage réel sans friction ? On le prouve sur un seul workflow étroit avant d’élargir. Candidat naturel : la consolidation Excel → CRM, alimentée depuis les mails.
Les forces déjà en présence
| Piste | Ce qu’elle apporte | À surveiller |
|---|---|---|
| École d’IA (partenariat) | ~6 stagiaires sur fiches-projets, sans coût | continuité après les stages |
| SSII en mécénat | des développeurs mis à disposition | présence brève, profils peu opérationnels |
| CRM déjà déployé | licences offertes, outil en place | l’adoption, justement |